𝑹𝒆𝒗𝒊𝒆𝒏𝒔, 𝒔’𝒊𝒍 𝒕𝒆 𝒑𝒍𝒂𝒊𝒕

Pendant deux années de vie commune en amour avec A. (2013-2015), j’ai photographié notre quotidien et conservé ses écrits, dessins et peintures, comme poussé par le besoin de garder une trace de ce que nous vivions, car je savais que quelque chose allait lui arriver.

En effet, après un grave accident A. perd une partie de sa mémoire et de nos souvenirs, tandis que mes archives restent et sont les fragments d’une histoire d’amour dont la mémoire s’est en partie effacée, à partir desquels je tente de reconstruire un récit nécessairement incomplet.
En transformant les images par la solarisation, le masquage, la surexposition ou la risographie, je cherche à rendre visibles les souvenirs altérés et les zones d’ombre qui traversent notre histoire tout en anonymisant son visage.

Entre amour, violence et perte, ce travail interroge ce que nos archives personnelles conservent de nous lorsque la mémoire disparaît, mais aussi ce que signifie raconter une histoire intime lorsque l’autre ne peut plus raconter la sienne.